LOT 116
500 / 1 000 €
Claire Pichaud (1935-2017) Composition abstraite en bleu et blanc, 1983
Acrylique sur toile signée et datée au dos
247 x 213 cm
À la fin des années 1950, Marie-Claire Pichaud qui écrit des chansons pour le plaisir, se trouve embarquée dans une carrière de chanteuse qui durera sept ans. Ses textes unissant spirituel et poésie traverse l’Atlantique mais elle met fin d’elle même à cette aventure, le silence lui apparaissant plus proche du sacré. Dans les années 60, elle s’installe dans le Vaucluse avec l’écrivaine Jocelyne François, rencontrée dans un couvent des Vosges pendant la décennie précédente. Elles y rencontrent René Char, qui devient un ami proche, Marie-Claire interprète en musique certains de ses poèmes. De 1966 à 1970, elle se consacre au grès réalisant notamment des reliefs muraux sur lesquels elle imprime des fragments de poèmes d’Yves Bonnefoy, René Char et de sa compagne Jocelyne François.
En 1971, suite à un voyage aux Pays-Bas, elle développe une passion pour l’œuvre de Malevitch. Elle rencontre Vieira da Silva et Arpad Szenes par l’intermédiare de Jocelyne qui écrit la première monographie de ce dernier. La peinture, le dessin, deviennent alors ses mediums favoris, en 1972 le couple d’artistes appréciant ses œuvres la présente à Denise Renard (galerie Jacob) qui l’expose quelques années. La même année, elle découvre Geneviève Asse pour qui elle a une profonde admiration. En 1980, ce sont Jean Fournier et Yvon Lambert qui voient sont travail et l’exposent. 1981 marque un tournant - dont sont issues les 2 toiles que nous présentons - elle compose de très grands formats au sol, sur toile libre, les pinceaux disparaissent au profit des roulors, Jean Fournier lui présente Claude Viallat, dont l’œuvre l’inspire. En 1983, afin d’embrasser définitivement sa carrière d’artiste plastique, c’est Jean Fournier lui-même qui lui suggère de se faire appeler « Claire Pichaud » (pour ne pas entretenir la confusion avec ses précédentes activités de chanteuse et céramistes). Le Fonds national d’Art contemporain acquiert ses œuvres à de multiples reprises (1984, 1992, 2002…) ainsi que le Musée de la Tapisserie d’Aubusson, le Mobilier National - Manufacture des Gobelins, en 2008 la Savonnerie des Gobelins réalise un tapis de 400 cm x 400 cm à partir d’un de ses cartons.
En 2009, sa compagne de toujours Jocelyne Françoislui dédie une bio-monographie « Claire Pichaud, 3 vies » aux Éditions du Regard, faisant ainsi référence aux trois carrières de l’artiste.

18 Place des Vosges, Paris 4