LOT 246
2 000 / 3 000 €
Arnould Moreaux (1875-?) Illustration en 9 dessins de l'opérationde la greffe des ovaires par SergeVoronoff, circa 1910-1915
Fusain, sanguine, estompe, plume et encre
noire, rehauts de gouache blanche et rouge (sur certaines feuilles), lavis gris. Signées dans le bas et numérotées en partie dans l'ordre chronologique opératoire
24 x 31,5 cm
« Non, Voronoff, tu ne m’auras pas » !
« Si vous avez la chance d’avoir vécu jeune homme à Paris, où que vous alliez pour le
reste de votre vie, cela ne vous quitte pas, car Paris est une fête. »
Ernest Hemingway
Tout au long de la première moitié du XXe siècle, Arnould Moreaux réalise des dessins
anatomiques rassemblés, pour la plupart, dans un Précis d’anatomie humaine publié
en 1954. Il est en particulier l’auteur de ces deux séries d’illustrations retraçant des
opérations mises au point par le docteur Voronoff. Serge Voronoff, ancien élève d’Alexis
Carrel, est, dans les années 1910 et 1920, l’un des pionniers de la xénotransplantation,
considérant que des transplantations glandulaires doivent être plus efficaces que de
nombreux hommes du monde recourent-ils à ce brillant chirurgien pour se faire greffer…
un morceau de testicule de singe ! Dans les décennies suivantes, la communauté
scientifique conteste l’efficacité du traitement, ridiculisant de fait ce pauvre Voronoff.
Dans les années 1920 apparaissent même des cendriers montrant des singes vindicatifs
crier : « Non, Voronoff, tu ne m’auras pas ! »
Si Voronoff est passé à la postérité pour cet étonnant traitement, il reste – à son corps
défendant sans nul doute – l’inspirateur d’un cocktail à succès dans les années folles, le
«Monkey Gland». Mélangez 45 ml de gin et autant de jus d’orange à une cuillerée à café
de grenadine, de sirop et d’absinthe, secouez avec la glace et servez le tout dans un
verre à cocktail givré. Quant à savoir si le cocktail produit les mêmes effets supposés
que les greffes…
Nicolas Amiel
Provenance
> Dans la famille du chirurgien Voronoff, par descendance


18 Place des Vosges, Paris 4