Cabinet d’Augsburg d’un sultan ottoman

samedi 27 juin 2020 à 14:00

Estimation sur demande

Exposition du mardi 9 au vendredi 26 juin 2020, du mardi au samedi de 11h à 19h et jour de la vente de 10h à 10h30

Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686) Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686)

LOT 1

/ €

Vendu 381 000 €

(Commissions d'achat incluses)

Travail allemand vers 1650, Augsburg, Attribué à Melchior Baumgartner (1621-1686)

Cabinet d’Augsburg

Cabinet en ivoire à décor toutes faces panneautés en relief et cabochon de lapis-lazuli, ouvrant à deux vantaux découvrant neuf tiroirs (et deux compartiments secrets dans le grand tiroir), un guichet à figures de bronze doré représentant Arès et Athéna (probablement associées) contenant un intérieur en marqueterie d’étoile et cinq petits tiroirs, surmonté d’un compartiment en doucine au-dessus et reposant sur un piétement découpé ouvrant à un tiroir en façade et un tiroir de chaque côté ; les quatre faces structurées en compartiments à encadrements moulurés et motifs stylisés en relief ponctués de cabochons de lapis-lazuli de forme polylobée, le piétement et l’arrière décoré à l’identique ; le décor de fleurs peintes au naturel d’époque postérieure et manques au centre des panneaux.
H : 70 cm L : 77 cm P : 48 cm

Estimation sur demande

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A German ivory and lapis-lazuli (all face) cabinet, with two front doors, three drawers to the stand (with two secret compartments) and one compartment to the top ; the inside with a wood marquetry depicting a star and five small drawers ; the back with the same decoration ; painted flowers later date, losses at the panels.
Height 27 1/2 in. Width 30 3/8 in. Depth 18 7/8 in.

Estimate on request

Expert Pierre-François Dayot Spécimen en ivoire elephantidae spp., antérieur au 3 mars 1947, soumis à déclaration préalable (article 2 bis § 1 de l'arrêté ministériel du 16 août 2016). Déclaration n°FR2007506584-D En cas d'exportation hors de l'Union Européenne, les formalités pour l’obtention du CITES sont à la charge de l'acheteur·se qui doit également se conformer à sa réglementation nationale en terme d'importation d'ivoire.

Provenance

> Par tradition familiale, offert en cadeau vers 1860-1870 par le sultan Abuldhamid II (1842-1918) à Georges Zarifi (1807-1884), banquier grec et soutien financier de l’Empire ottoman, à l’occasion du mariage de sa fille / By family tradition, given as a gift around 1860-1870 by Sultan Abdul-Hamid (1842-1918) to Georges Zarifi (1807-1884), Greek banker and financier to the Ottoman Empire, for his daughter’s wedding > Collection de Madame Zarifi, Athènes (arrière-petite-fille en ligne directe de Georges Zarifi) / Private collection of Mrs Zarifi, Athènes (great-granddaughter in direct line of Georges Zarifi)

Rapport de condition

Bon état général avec une altération probable réversible correspondant à l’ajout du décor de fleurs peintes. Le centre des panneaux manquant également très probablement. D’anciennes restaurations par endroits à l’ivoire, notamment en façade côté droit de la corniche. Petites fentes, éclats et chocs par endroits. Un manque d’ivoire au piétement à gauche, un également à l’intérieur. Un morceau de moulure manquant sur la face gauche, un autre à l’arrière à la corniche. Un plus gros éclat à l’ivoire à l’arrière au piétement (6 cm). Un petit éclat à un petit tiroir intérieur. Petites gerçures habituelles à l’ivoire sur l’ensemble du cabinet. Deux éléments semi-circulaires de lapis replacés par des éléments en bois peints façon lapis. Probablement avec des poignées de chaque côté à l’origine. Très beau et très rare cabinet. Good overall condition with probable and reversible alteration corresponding to the added painted flower decoration. Central panels element almost certainly missing as well. Old restauration in places to ivory. Small patched restoration to veneered ivory especially to the front right side of the cornice. Small cracks, chips and dents in places. One loss of ivory to the stand to the left-hand side, one in the inside as well. An element of ivory band is missing to the left side. Another to the back to the cornice. A large chip to ivory to the back stand (on 6 cm). One small chip to ivory to one inside drawer. Few usual small cracks to ivory all over the cabinet. Two semi-circular lapis elements replaced by wooden painted imitation. Probably previously with handles of both sides. Very fine and rare piece of furniture.

Notice

À partir du XVIe siècle, la constitution de collections d’objets rares, beaux et précieux est une activité à la mode parmi les princes·ses et les citoyen·nes les plus riches du Saint-Empire romain germanique. Bien des palais abritaient alors une pièce dédiée appelée Kunstkammer ou Kunst-und Wunderkamer (chambre réservée aux œuvres d’art et curiosités). Les trésors y étaient exposés, en totalité ou par roulement, au gré de l’évolution et de la thématique des collections. L’objectif était d’impressionner les visiteur·ses étranger·ères en faisant la démonstration de la richesse et du savoir du·de la collectionneur·se. Cette pièce exceptionnelle, constituée de matières extrêmement rares et précieuses pour l’époque, est à la fois un étrange jardin et une étonnante bibliothèque d’images florales du monde connu. Mais sa caractéristique la plus spectaculaire est d’être entièrement plaqué d’ivoire. Apprécié depuis sa première utilisation il y a près de 35 000 ans, l’ivoire est fréquemment l’« or blanc ». Acheté à l’once, comme l’argent ou de l’or, il était apprécié pour sa surface blanc-crème à grains fins fréquemment comparée à la peau d’une femme et, pour cette raison peut-être, souvent utilisé pour les instruments et les accessoires de toilette. Au Moyen Âge déjà, les objets précieux étaient stockés dans des boîtes décorées d’ivoire, dont certains des plus beaux exemples ont été fabriqués par les ateliers Embriachi à Venise. Petit à petit, certains de ces amateurs et amatrices éclairé·es se sont mis à commander des armoires, coffres et coffrets très élaborés, souvent décorés de pierres semi-précieuses, de bois exotiques et d’ornements somptueux. Ces ouvrages étaient composés de nombreux tiroirs et compartiments secrets offrant de multiples possibilités de rangement. Certains ont été pensés pour être accolés à un mur en compagnie d’autres vitrines. D’autres, conçus indépendamment de tout autre meuble, se suffisaient à eux-mêmes, ce qui explique leur haut degré de finition et parfois, comme notre cabinet, sur toutes les faces. Tout bien considéré, ce type de meuble est, en format miniature, un Kunstkammer à lui tout seul, une sorte de métaphore du monde connu dans toute sa diversité. Abritant des collections renfermant naturalia et artificialia, ces cabinets de curiosité des années 1600 sont, d’une certaine manière, les précurseurs de nos musées. Comme beaucoup d’autres meubles similaires, notre coffret dispose de compartiments cachés et de tiroirs secrets, le rendant inutilisable au commun des mortels. Rapidement, la ville impériale libre d’Augsbourg s’est faite une spécialité de ce type de coffret marqueté de lapis-lazuli. Ebénistes et orfèvres collaboraient à l’élaboration des plus belles pièces sous la supervision d’un·e marchand·e ou d’un·e intermédiaire coordinateur·se. Le plus prolifique de ces personnages était le marchand d’art d’Augsbourg et correspondant à la Cour Philipp Hainhofer (1578-1647), célèbre notamment pour trois grands coffrets ingénieusement conçus selon ses directives dans le premier tiers du XVIe siècle par Ulrich Baumgartner (ca. 1580-1652). Melchior Baumgartner, son fils, fabricant des trois splendides coffrets Hainhofer, en a conçu deux pour la cour de Münich, qui se trouvent aujourd’hui au Bayerisches Nationalmuseum (voir ci-contre) et vraisemblablement celui que nous présentons. A wonders cabinet During the sixteenth century, collecting rare, beautiful, and valuable objects became a fashionable pursuit among the princes and wealthiest citizens of the Holy Roman Empire. Many of their palaces contained a room called a Kunstkammer or a Kunst- und Wunderkamer (chamber for artworks and curiosities). Here the treasures were displayed, frequently in a sequence of interconnected spaces dedicated to various fils of collecting. The intention was to suggest the wealth and learning of the collector and to impress foreign guests. This exceptional object is at once a collection of luxury materials, a strange garden, and a library of images sourced from all over the world. Our cabinet is completely encased in ivory. Highly valued since its first use by humans which dates back nearly 35,000 years, it has often been called “white gold”. Purchased by the ounce like silver or gold, ivory was prized for its creamy white, fine-grained surface, which was frequently compared to a woman’s skin and for that reason, perhaps, often used for implements and requisites of the toilette. Since the Middle Ages, rare items were stored in ivory-decorated cabinets, some of the finest examples of which were made at the Embriachi workshop in Venice. Some collectors of small objects commissioned elaborate cabinets decorated with semiprecious stones or exotic woods or other sumptuous material. These pieces were furnished with many drawers and secret compartments, which offered diverse storage opportunities. Some were designed to stand against a wall in the company of other display cases. Others stood independently, which is finished on all sides ; this type of cabinet could be said to represent in miniature format an entire Kunstkammer, which was itself a metaphor for the known world in all its diversity. “Cabinets of Curiosities” of the 1600s were the precursor to the first museums. These rooms or pieces of furniture would be filled with their owners’ private collections of naturalia and artificialia (natural and man-made wonders). Like many others, our cabinet contain hidden features or drawers, making them only operable by someone who knew their secrets. Such lapis lazuli inlaid cabinets were a specialty of the cabinetmakers and the goldsmiths of the free imperial city of Augsburg. These master craftsmen worked in collaboration under the supervision of a coordinating merchant or middleman. The most prolific of these personages was the Augsburg art dealer and court correspondent Philipp Hainhofer (1578-1647), who is famous for three large and ingeniously conceived cabinets made to his specifications in the first third of the XVIth century by Ulrich Baumgartner (ca. 1580-1652). Melchior Baumgartner, his son, maker of the three splendid Hainhofer cabinets, crafted two for the Munich court, which are today at the Bayerisches Nationalmuseum and very probably ours. Un trésor de cour ottoman - une synthèse stylistique entre Orient et Occident Ce répertoire de motifs floraux, tel qu’il est représenté sur notre cabinet, se réfère au style dit des « quatre fleurs » (rose, œillet, tulipe et jacinthe) qui, à partir de 1540 environ, est utilisé comme principaux motifs dans l’art de la céramique turque d’Iznik et de Kütahya. Dans la culture ottomane des XVIe et XVIIe siècles, les jardins étaient à la fois des espaces spirituels et intellectuels. Les fleurs évoquaient les descriptions coraniques du paradis et du jardin d'Eden. Les miniatures ottomanes du XVIe siècle présentent alors les jardins comme des espaces idéaux pour toutes sortes de réunions sociales - dîners, festivités, fêtes de circoncision et mariages. Parmi toutes les fleurs, la tulipe avait une importance symbolique particulière et était considérée comme la plus sainte de toutes. C'était la fleur de Dieu parce que les lettres utilisées dans le mot ottoman pour tulipe (لال) sont les lettres utilisées pour écrire le nom de Dieu (الله). Et en raison de sa période de floraison prolongée, l'œillet (Karanfil) était quant à lui considéré comme un symbole de la puissance et du renouveau de la vie. La jacinthe, ou gazel, a été interprétée comme une métaphore des boucles de la bien-aimée. Dérivé de la peinture sur porcelaine chinoise du XVe siècle, il a été développé avec brio par les artisans œuvrant au service de la Cour ottomane. On le retrouve dans la décoration des livres, sur des motifs textiles, en broderie et en ferronnerie. Si la tulipe évoque de prime abord les paysages néerlandais, elles ont d’abord été cultivées en Asie centrale avant d’être importées en Europe par les Ottomans. Ces fleurs ont ensuite défini l'expression visuelle de l'impérialisme ottoman pendant des siècles, symbolisant le raffinement d'une culture qui se tournait vers ses origines orientales pour son inspiration artistique. Ainsi, les organes reproducteurs des fleurs étaient-ils parfois mal dessinés ou carrément omis. Si certaines essences peintes sur cette boîte sont ornées d'étamines et de pistils visibles, d'autres – certainement des tulipes - sont peintes sans ces caractéristiques particulières. Si la tulipe est une plante largement connue de nos jours, elle n’a été introduite pour la première dans l’Empire ottoman qu’en 1554, soit un siècle avant la date présumée de notre cabinet. L'exploration et l'ouverture de nouvelles routes commerciales à l'Est ont été le point culminant de la fusion de l'art occidental et oriental, comme le montre clairement notre cabinet. L'influence orientale y est des plus perceptibles à travers ce spectaculaire décor floral qui a pu être réalisé soit directement à la cour ottomane soit adapté en Europe pour le marché turc. Nous savons par exemple que, dès le XVIIe siècle, des artistes moghols ont emprunté à des estampes européennes des motifs floraux pour leurs peintures ainsi que pour orner les bordures des albums impériaux de Jahangir et Shah Jahan. An Ottoman court treasure - a stylistic synthesis between East and West This floral-design repertoire, as it is also depicted on our cabinet, is part of the so-called “four flowers” style that is composed of four garden flowers – rose, carnation, tulip and hyacinth – and which, from around 1540, represented the main motifs of Turkish ceramics, especially in Iznik and Kütahya. Within 16th and 17th century Ottoman culture, gardens were both spiritual and intellectual spaces. Flowers evoked Qur’anic descriptions of Paradise and the garden of Eden. 16th-century Ottoman miniatures exhibit gardens as ideal spaces for all sorts of social gatherings – dinners, holiday festivities, circumcision feasts and weddings. Among all flowers, The tulip had a special symbolic importance and was regarded as the holiest of all. It was the flower of God because the letters used in the Ottoman word for tulip (لال) are the letters used to write the name of God (الله). And because of its extended blooming period, the carnation (Karanfil) was thought to be a symbol of the power and renewal of life. The hyacinth, or gazel, has been interpreted as a metaphor for the beloved’s curls. This motif is derived from 15th-century Chinese porcelain painting and the Ottoman Court first collected Chinese porcelain. This decor is a typical example of the Ottoman Court-style done for book decoration, textile patterns, embroidery, metalwork and ceramics. For most, the tulip conjures up visions of the Dutch landscape–canals, windmills, and fields of blooming flowers. These popular and diverse flowers, however, had their beginnings in Central Asia, and were brought within the reach of Europe by the Ottomans. Although widely cultivated in imperial gardens, the tulip was immortalised in Ottoman culture in a different form, as a motif widely employed by the imperial workshops. These flowers have defined the visual expression of Ottoman imperialism for centuries, symbolising the refinement of a courtly culture that looked to its eastern origins for artistic inspiration. So, the reproductive organs of flowers were occasionally mis-drawn or omitted, even though we now know that these are the very reason for flowers’ existence. Some of the lilies on this cabinet are painted with visible stamens and pistils, but others are painted without these pollen-and ovule-producing features. The tulips on our cabinet are painted without visible stamens or pistils at all. Although tulips are grown all over Europe now, they weren’t always. They were first introduced from the Ottoman Empire in 1554, about a century before the presumed date of our cabinet. The exploration and the opening up of new trading routes in the East was the culmination in the fusion of Occidental and Eastern Art as is clearly shown with our cabinet. The Oriental influence is quite noticeable on the cabinet through this spectacular floral display which could have been painted either directly to the Ottoman court or adapted by European artists for the Turkish market. We know for example, from 17th century, Mughal artists used European prints to help both in their individual paintings of flowers and in the floral borders of the imperial albums of Jahangir and Shah Jahan.  Le banquier grec qui sauva l’empire ottoman de la faillite Resté dans la même famille grecque depuis la seconde moitié du XIXe siècle, ce cabinet provient de la collection d’un arrière-grand-père, Georges I Zarifi (1807-1884), originaire d’une famille de l’Epire, installée à Istanbul depuis la fin du XVIIIe siècle. D’abord associé à sa belle-famille, les Zafeiropoulos, négociant en céréales, il s’implique rapidement dans le secteur bancaire, participant activement à l’administration de divers organismes : la Société Générale de l’Empire Ottoman, la Banque de Constantinople ou encore le Crédit austro- ottoman. Il conseille le Prince Abdulhamid II avant son accession au trône dans la gestion de sa fortune. Lorsque celui-ci devient Sultan en 1876, il sollicite le soutien et les prêts de Georges Zarifi pour résoudre la grave crise financière qui frappe l’Empire depuis 1863. Georges Zarifi assemble une fortune colossale dans ces années, devient propriétaire de domaines immenses à Thérapeia sur le Bosphore, en Théssalie, en Thrace et en Mésopotamie, ce dernier de plus de 60 000 hectares. Le souvenir d’un philanthrope, finançant écoles et églises est encore aujourd’hui très présent. C’est probablement à ce moment qu’il reçoit des objets d’art en cadeau de la part du Sultan, parmi lesquels, très vraisemblablement, ce cabinet d’Augsburg. The Greek banker who saved the Ottoman Empire from bankruptcy Georgos Y. Zariphis (1807-1884) was a prominent financier and banker to the Ottoman court under Abdul-Hamid II (1842-1918). He founded, with his father-in-law, the firm of Zarifopoulou & Zarifi which flourished with branches in Marseille, London and Odessa. Born to a distinguished Greek family long resident in Istanbul, Zarifi met Abdul-Hamid II (r. 1876-1909) when he was still a prince. Having ascended the throne unexpectedly in 1876 (when his brother was deposed for mental illness), the new sultan appointed Zarifi to manage his personal wealth. Despite achievements in education and railway building but plagued by costly wars, the Ottoman state was declared bankrupt in the 1880’s. Zarifi became indispensable in arranging loans and managing the imperial finances. He was one of fifteen Galata bankers who set up the Office of Public Debt to facilitate repayment of European loans to the Ottoman state. The sultan’s tumultuous reign culminated in 1909, when he was deposed by the Young Turks. Already wealthy, Zarifi received many privileges from the sultan, being given land whithin the empire and on occasion receiving the customs duties of many Turkish ports. In the course of his career he became an extensive landowner : on the Bosphorus, in Thessaly and Thrace in Greece and as far away as Mesopotamia where the sultan had granted him lands. The family kept a summer mansion at Tarabiya, as well as a home in Switzerland, finally leaving Turkey in the 1920’s. Zarifi is remembered today as a great philanthropist, having built many schools and hospitals to benefit the Greek community in Turkey. At that time, Georges Zarifi received several works as gifts from the Sultan, among which, most probably, this Augsburg cabinet. Sources : > Georg Himmelheber, 'Ulrich und Melchior Baumgartner', Pantheon, Cambridge, 1975 > Daniëlle O. Kisluk-Grosheide,, Wolfram Koeppe, William Rieder , European Furniture in The Metropolitan Museum of Art: Highlights of the Collection, Yale University Press, New Haven & London, 2006 > Georges Léonidas Zarifi, Mes souvenirs, un monde disparu, Constantinople, 1800-1920, éditions Trochalia, 2002 > Méropi Anastassiadou- Dumont, Les Grecs d’Istanbul au XIXe siècle, Histoire socioculturelle de la communauté de Péra, Leiden-Boston, Brill, 2012

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