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LOT 47

600 / 800 €

Jeanne Laganne (1900-1995)

Composition abstraite en vert et rouge

Huile et ripolin sur toile signée en bas à droite

71 x 57 cm

« Fille de Corse, ce n’était pas facile de conquérir la liberté que suppose l’art. Contre les hommes de ma famille, à commencer par mon père, ma protestation de femme a suivi mon affirmation d’artiste. Il me fallait trouver le moyen de m’exprimer totalement. » - Jeanne Laganne dans une entrevue avec L.-A. Zbinden dans la Gazette de Lausanne en 1964.

Jeanne Laganne a suscité l’admiration de certains des plus grands découvreurs de talents de la seconde moitié du XXe siècle : Paul Facchetti (qui lui consacre sa première exposition personnelle en 1953 après avoir présenté pour la première fois en Europe en 1952 le travail d’un certain... Jackson Pollock !) Jean Dubuffet, Miche Tapié… Exposée ensuite par la galerie Stadler aux côtés d’Antoni Tapiès, Claire Falkenstein, Paul Jenkins... elle invente et renouvelle constamment jusqu’à la fin de sa vie une abstraction très personnelle, "une voie intermédiaire entre la rigueur froide de l’abstraction géométrique et la violence expressive de l’abstraction lyrique » (Joël Derval in « L’ascension de Jeanne Laganne », 1972).
Dans un entretien avec François Pluchart publié dans Combat le 3 janvier 1962 Jeanne Laganne déclare : « La forme m’intéresse avant tout. C’est la chose la plus difficile. Les rythmes et les couleurs s’appellent l’un l’autre. Le plus difficile est de trouver des formes qui rejoignent la vie sans qu’elles soient ni humaines, ni animales. » À l’image - mais avec 70 ans d’avance ! - de nombreux artistes contemporains, elle puise son inspiration dans la rue, sur les vieux murs, les dessins formés par le crépis qui se décolle, le bitume qui se fend, la restauration d’un maçon… autant d’œuvres qu’elle décèle et croque sur son carnet, ajoutant des couleurs, procédant à des assemblages inédits, avant de leur donner une nouvelle vie sur la toile. On retrouve cette idée dans l’une de ses nombreuses correspondances avec Jean Dubuffet : “L’art est un bateau qui doit naviguer, non demeurer à l’ancre; c’est là la notion qui échappe aux cercles culturels, lesquels ne traitent que de vaisseaux ancrés et ne comprennent plus rien dès qu’un prend la mer. Il faut mettre de la pauvreté dans nos peintures. Voilà les goûts qui manquent le plus : celui de la pauvreté et celui de la mobilité.” - Lettre de Jean Dubuffet à Jeanne Laganne, Vence, 28 Mai 1960.
Dans les années 1970 et 1980, Laganne est représentée par la galerie de l’Université et la galerie Pierre Lescot (d’où proviennent les trois œuvres présentée dans notre vente). C’est parce qu'elle a toujours mené sa barque comme elle l’entendait que Jeanne Laganne nous offre une plongée unique et fondamentale dans l’histoire de l’art du XXe siècle. Il est certain qu’elle naviguera à nouveau, sur vos cimaises et celles des musées, qui ne cessent de se pencher et remettre en lumière le parcours d’artistes femmes trop longtemps restées dans les profondeurs de l’Histoire.

Provenance

> Galerie Pierre Lescot
> Collection privée, Paris

Vente hors-série #518

samedi 28 février 2026 à 10h30

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