LOT 29
1 000 / 1 500 €
Maggy Mauritz (née en 1941)
Sans titre, 1968
Encre et gouache sur papier signé et daté en bas à droite
30 x 21 cm
Comme nombre de groupes d’avant-garde du XXeme siècle, le mouvement lettriste n’a pas brillé par la place qu’il a accordée aux artistes femmes, le plus souvent elles-mêmes des femmes d’artistes, ainsi qu’il est de coutume cantonnée à jouer les utilités, dans des manifestations de groupes – pour faire nombre? – ou pour leurs qualités plastiques voire décoratives. Alors que le Lettrisme est demeuré plus longtemps que beaucoup d’autres un mouvement semi-clandestin à l’aura sulfureuse, les femmes qui ont œuvré en son sein, comme le souligne le spécialiste Frédéric Acquaviva, s’en sont trouvées d’autant plus invisibilisées. Heureusement les temps changent, et la reconnaissance des artistes lettristes – enfin quelque peu institutionnalisée –s’accélère, depuis la grande exposition Bientôt les Lettristes orchestrée à Paris au Passage de Retz par Frédéric Acquaviva et Bernard Blistène (avec la collaboration de Nicolas Liucci-Goutnikov), amplifiée en 2019 par la rétrospective Isidore Isou au Centre Pompidou. C’est à l’occasion de cette exposition qu’Acquaviva a – enfin – pu rencontrer Maggy Mauritz, puis mettre un nom, et une œuvre, sur cette silhouette furtive qui, jusque-là, hantait les marges de l’histoire lettriste sans parvenir à s’y faire une place. Bien des éléments biographiques, ou même psychologiques, seraient susceptibles d’éclairer les mécanismes qui ont conduit à cet incroyable et si injuste effacement. "Mais rien ne le dissipera avec plus d’éclat que la révélation de l’œuvre elle-même qui, comme le souligne Acquaviva, témoigne d’une réelle originalité par de nombreux aspects".Stéphane Corréard & Hervé Loevenbruck
Rapport de condition
Encadré