LOT 63
150 000 / 300 000 €
Jean-Paul Riopelle (1923-2002) Sans titre, Autour de Rosa, 1992
Bombe aérosol sur toile
155 x 320 cm
« Aujourd’hui, il n’y a plus de Rosa Malheur. Il n’y a même plus de Rosa Bonheur. Toutes les Rosa sont mortes ». Jean-Paul Riopelle.
En novembre 1992, Jean-Paul Riopelle apprend le décès brutal de son ancienne compagne Joan Mitchell (1926-1992). Pendant près de 25 ans ils ont formé un des couples mythiques de l’histoire de l’art. Il la surnommait affectueusement Rosa, ironiquement Rosa Malheur dans les moments plus difficiles, en référence à la sculptrice et peintre animalière Rosa Bonheur. Dans son atelier de l’île aux Oies, dans un élan cathartique pour faire son deuil, Riopelle raconte sa vie avec Mitchell dans une fresque de plus de 40 mètres de long aujourd’hui exposée au Musée National des Beaux-Arts de Québec (MNBAQ). Le titre « hommage à Rosa Luxemburg » fait aussi directement référence à la militante communiste allemande célèbre pour ses lettres de prison codées.
Il attaque en quelques semaines de grands rouleaux de toiles d’1m55 de haut, comme notre tableau, et mètre après mètre, c’est autant de symboles codés qu’il appose au pochoir et à la bombe aérosol.
On y retrouve des oiseaux en tout genre que son compagnon de chasse Gilles Gagné lui apporte, des oies bien sûr, figures indissociables de l’œuvre de Riopelle. En plus des oiseaux, les silhouettes d’objets de la vie courante habitent la toile. Ici pour Joan Mitchell passionnée d’équitation on retrouve des fers à cheval, des étriers, des mors.
La composition fait figure de testament du peintre, dernier grand chef-d’œuvre de Jean-Paul Riopelle. Ce « fragment » , de tout de même 3,2 mètres de long, inédit à la vente, permet d’être au plus près de cet artiste québécois qui aura marqué l’Art de la seconde moitié du XXe siècle.
Provenance
> Collection privée franco-canadienne
Rapport de condition
Annoté au dos 200443, encadré


18 Place des Vosges, Paris 4