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LOT 166

100 000 / 150 000 €

Vendu 112 500 €

(Commissions d'achat incluses)

Nikos Hadjikiriakos-Ghikas (1906-1994) Composition hexagonale ou maisons sur fond blanc, 1952-53

Huile sur toile signée et datée « 53 » en bas à droite, titrée « Composition hexagonale » et datée « 1952 » au dos

88,5 x 72,5 cm

Nikos Hadjikiriakos-Ghikas (1906-1994)
Enfant du siècle et père du modernisme

Pour Anne Schlumberger, qui avait accroché ce tableau dans sa chambre aux Treilles, ces Maisons sur fond blanc, issues de la célèbre série des Toits de Paris, représentaient le parfait mélange des cultures grecque et française.

Anne Gruner Schlumberger (1905-1993), petite-fille de l’industriel alsacien Paul Schlumberger et fondateur de la dynastie éponyme, baigne dès son plus jeune âge dans l’art et la culture. Son oncle n’est autre que l’écrivain Jean Schlumberger et ses sœurs Dominique de Ménil (fondatrice de la Menil Collection de Houston) et Sylvie Boissonnas sont des mécènes internationalement reconnues. En 1964, Anne Schlumberger créé sa propre Fondation avec pour ambition de sécuriser l’avenir financier de projets initiés par des musiciens, artistes, écrivains et scientifiques. Outre Brauner, Max Ernst, Giacometti, Laurens ou Lalanne, elle invite régulièrement les plasticiens grecs Takis, Nikos Hadjikiriakos-Ghikas ou encore Charis Voyatzis à séjourner dans cette grande maison du Var et leur commande des œuvres. Aujourd'hui encore, la Fondation des Treilles permet aux amateurs d'admirer, entre autres, près de quatre cents oeuvres d'art moderne.

En 1952, Nikos Hadjikiriakos-Ghikas, de retour à Paris pour quelques mois après y avoir déjà vécu entre 1922 et 1934, s’installe au dernier étage d’un immeuble en pierre de taille. Depuis sa fenêtre, les toits et l’architecture parisiennes lui offrent un spectacle inédit et inépuisable fait d’entrecroisements de zinc, de cheminées par centaines, de frontons surmontant des portes cochères… Comme dans les années 1930, la magie de la géométrie s’impose une nouvelle fois au peintre pour qui les questions de distance et de proportion sont bannies au profit du seul ressenti*.

Cette courte période parisienne durant laquelle Nikos Hadjikiriakos-Ghikas puise de nouveau son inspiration aux sources de l’art contemporain est charnière dans l’évolution de son style. Si l’artiste a fait découvrir Klee et Kandinsky au public hellène via sa revue To Trito Mati (le Troisième œil) vingt ans plus tôt, il synthétise dans cette œuvre capitale de 1952-53 la philosophie renaissante du cubisme et les profondeurs de l’art grec médiéval. En renversant les perspectives, en rejetant de la ligne d’horizon et en utilisant des camaïeux expressifs plus que descriptifs, Nikos Hadjikiriakos-Ghikas s’inscrit avec brio et virtuosité dans le sillon tracé par Picasso, Braque et Matisse, confirmant ainsi sa place de plus grand peintre grec du XXe siècle.

Dimitri Joannidès

* Œuvres de l’artiste à rapprocher :
- Balcon en fer forgé, 1954. Huile sur toile (56 x 56 cm) conservée au Musée National d’Art Moderne de Paris
- Composition en gris, 1953. Huile sur toile (41 x 35 cm) conservée à la Tate Gallery de Londres



Provenance

> Collection de l'artiste (indiqué comme tel dans l'ouvrage de 1964)
> Collection Anne Gruner Schlumberger, Les Treilles, Var (France)
> Collection privée, Paris (par héritage, copie d'acte notarié à l'appui)

Bibliographie

> Christian Zervos, Stephen Spender & Patrick Leigh Fermor, Ghika, Paintings, Drawings, Sculptures, Lund Humphries, Londres, 1964

mercredi 10 juin 2015 à 18h00

Arts d'Asie, mobilier, œuvres d'art...

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