LOT 196
7 000 / 9 000 €
Vendu 7 750 €
(Commissions d'achat incluses)
Alkis Pierrakos (né en 1920) Le Rêve de ma ville natale, 1967
Encre de Chine et technique mixte sur papier
Signé « Pierrakos 67 » en bas à gauche et
marouflé sur toile
145 x 300 cm
Un jour où Pierrakos était retourné à Salonique, sa ville natale, un de ses amis, alors recteur de l’Université lui lança : « tu devrais tout de même peindre un jour les murailles de ta ville ». C’est en effet devant ces célèbres remparts que les Turcs alignaient les criminels pour les fusiller au petit matin. Quelques mois après cette discussion, au lendemain d’un voyage à Toulouse, Pierrakos, impressionné par les remparts de la ville rose qui lui rappelaient ceux de Salonique, se met au travail. Dans l’imaginaire de l’artiste, à l’âme hellène et macédonienne revendiquée, ces murailles revêtent autant d’importance que les châteaux de la Loire dans le for intérieur des Français. En cette année 1967, difficile pour lui de réaliser ce dessin herculéen chez lui. Pierrakos fait alors appel à son ami le sculpteur Costa Coulentianos qui accepte volontiers de le laisser travailler dans son atelier du 39 boulevard Saint-Jacques à Paris. L’atelier de Coulentianos est l’endroit idéal pour un tel projet : en montant sur la mezzanine du premier étage, Pierrakos peut prendre du recul sur ce dessin posé à même le sol. Au regard du travail habituel de Pierrakos – un peintre d’atelier au sens propre – cette œuvre n’est pas que monumentale : elle est hors norme. On y retrouve l’encre de Chine, les pleins et les déliés du coup de calame, mais surtout une profusion de couleurs pastel, obtenues grâce à un savant mélange de pigments et de craie blanche pilée. Au final, la force de ce dessin est autant plastique que symbolique. Faisant à la fois écho aux origines personnelles de l’artiste et à la grande histoire de la Grèce, cette œuvre exceptionnelle fait la synthèse entre l’artiste et l’homme Pierrakos. Par ses dimensions, cette œuvre est la plus importante jamais réalisée par Pierrakos dans sa vie. Un dessin similaire mais plus petit est conservé au Musée Benaki, à Athènes.
Provenance
Collection privée, Paris


18 Place des Vosges, Paris 4