LOT 1
2 500 / 5 000 €
Vendu 8 636 €
(Commissions d'achat incluses)
Limoges, Léonard Limosin (actif environ de 1545 à 1575) Plaque, circa 1570
En émail peint polychrome avec rehauts d’or représentant le char d’Apollon entouré de nuées survolant un paysage avec ville sur un promontoire
Contre-émail en fondant
H. 19,4 cm L. 23,7 cm
Cette plaque faisait vraisemblablement partie d’une suite illustrant les dieux et déesses de la mythologie. Une plaque de même facture et dimensions identiques représentant Déméter et Perséphone était proposée à la vente par la Galerie Descheemaeker d’Anvers en 2007 [fig. a]. On y retrouve une semblable volonté du peintre à diviser la composition en deux parties : la nature agricole et l’intérieur du foyer dans l’histoire de Déméter, le Ciel et la Terre dans celle d’Apollon. Quatre plaques de cette même série, appartenant au baron Gustave de Rothschild, ont figuré à l’exposition de l’Union centrale des Arts décoratifs à Paris en 1865, sous les numéros 2463, 2464, 2492 et 2493. Elles illustraient une scène de bataille, Le Jardin des Hespérides, Diane et Callisto ainsi qu’Orphée charmant les animaux. Aucune de ces plaques ne semble porter le monogramme de Limosin. On peut cependant replacer cette série dans un ensemble plus vaste ayant en commun plusieurs caractères bien spécifiques de la manière de Léonard Limousin vers la fin de sa vie : émaux polychromes sur fond blanc, coloris intenses de bleu et de vert, personnages souvent cernés d’un trait noir et ayant recours largement à la figuration de nuées. Dispersées dans les collections publiques ou privées, on peut dénombrer jusqu’à une dizaine de ces plaques, généralement de forme rectangulaire et parfois ovale. Certaines sont monogrammées L. L. et portent des dates allant de 1571 à 1573. Sur celle représentant le mois de Février conservée au Musée du Louvre, on
reconnaît un paysage fortement vallonné avec chemin sinueux comme sur cette plaque du char d’Apollon [inv. MR 2548, fig. b]. On pense que la plupart de ces plaques étaient sans doute destinées à un décor de lambris dans un studiolo ou dans une chambre. Laurence Fligny
Provenance
> Collection privée, Anjou
Bibliographie
Ouvrages consultés :
> Paris 1865, Union centrale des Beaux-Arts appliqués à l’Industrie, Musée rétrospectif, Palais de l’Industrie, cat., 1867, n° 2463, 2464, 2492 et 2493
> S. Baratte, Léonard Limosin au musée
du Louvre, Paris, 1993
> S. Baratte, Les Émaux peints de Limoges, Musée du Louvre – Département des Objets d’art, Paris, 2000
> Limoges 2002, La Rencontre des
Héros, Musée municipal de l’Evêché, cat.
> B. Descheemaeker, Invenit et Fecit, 2007, cat. 13.
Rapport de condition
Quelques restaurations notamment aux angles


18 Place des Vosges, Paris 4