C’est à Athènes que la maison de ventes FauveParis a déniché la première version d’une enquête-feuilleton de l’écrivain relatant l’épisode de l’arrestation royale à Varennes. Resté en mains privées pendant plus d’un siècle et demi, le manuscrit est proposé en vente publique le 26 septembre à 14h. Par Alison Moss
Famille grecque et francophile
La découverte du manuscrit remonte au mois d’août dernier, suite à un beau succès de la maison de ventes : « Nous avions récemment réalisé une vente record avec un rare cabinet allemand d’Augsburg attribué à l’ébéniste Melchior Baumgartner, parti pour 381 000 euros (voir QDA du 24 juin 2020). Suite à la vente, les cousins du propriétaire du cabinet m’ont contacté pour me proposer le manuscrit, qui était resté dans sa famille depuis des années », explique Dimitri Joannidès, associé de FauveParis.
Ce dernier a d’ailleurs été suivi par TF1 lors de son expédition en Grèce lors de la négociation avec la propriétaire du manuscrit dans le cadre de l’émission Grands Reportages, diffusée en décembre prochain.
« Les propriétaires sont issus de familles francophiles qui ont fait leurs études en France. Ils souhaitaient que ce soit une maison de ventes française qui prenne en charge la vente », poursuit-il. Outre quelques signes d’usure sur les trois premières pages, probablement endommagées lorsque le livre a été feuilleté par les invités, l’objet est globalement en bon état. Fait anecdotique, de menues différences peuvent être repérées dans le texte, par exemple l’apparition du nom de Paul Bocage, remplacé dans la version postérieure par la formule « compagnon de voyage » suite à un virulent conflit entre les deux hommes. Dumas, dont le goût du luxe l’avait mené à la ruine vers 1850, s’était rendu plusieurs fois en Grèce où il était en train construire son propre yacht, le Monte-Cristo, sur l’île Syros, dans les Cyclades. Alors à l’apogée de sa carrière, il écrivait souvent pour des journaux étrangers afin de percevoir des revenus hors de France et ne pas les déclarer aux impôts. « Il fait la route de Varennes pas à pas de manière très humble, alors que c’est une grosse vedette », rappelle Joannidès. Ce reportage scrupuleux, achevé en seulement trois jours, témoigne également de son rythme infatigable de travail.
