LOT 31
30 000 / 50 000 €
Jean-Baptiste Greuze (Tournus 1725 - Paris 1805) Jeune fille nue agenouillée, étude préliminaire pour La Prière du matin
Sanguine, pierre noire, estompe, lavis gris sur papier
36 x 46 cm
Notre dessin est une étude préliminaire pour La Prière du matin, réalisée vers 1780, conservée au musée Fabre à Montpellier. Une réplique est au musée Cognacq-Jay à Paris.
Un dessin au lavis gris de la figure habillée, probablement un ricordo du tableau, est également conservé au musée Greuze à Tournus.
Les prostituées étaient alors les modèles privilégiés de Greuze pour ses études de nus féminins, comme le révèlent les recherches de Yuriko Jackall. Dans un passage des Exercices de dévotion de M. Henri Roch avec Mme la duchessse de Condor (publié en 1786), Greuze est spécifiquement désigné : « Les peintres sont dans l’usage de faire venir chez eux des filles publiques et de les faire mettre toutes nues ; lorsqu’ils trouvent des formes parfaites, ils travaillent d’après ces modèles (…) M.Greuze passe pour le peintre qui a vu le plus de modèles et pour le mari qui, dans son état, a été le plus fidèle. » ( voir le catalogue d’exposition Greuze L’enfance en lumière, Paris, Petit Palais, sous la direction d’Annick Lemoine, Yuriko Jackall et Mickaël Szanto, p.271).
L’étude d’après le modèle de cette jeune fille nue est sans doute le fruit d’une pose de fille publique, ce qui pour un sujet religieux restait scandaleux au XVIIIe siècle comme au temps de Caravage. L’ambiguïté sexuelle du tableau final - quelque peu hypocrite, se révèle avec toute son impudeur dans ce dessin préliminaire.
Provenance
Collection particulière, France
Expositions
> Autour de Greuze, Offrandes à l'Amour, Hôtel-Dieu, musée Greuze, Tournus 1e avril au 31 octobre 2016 reproduit sur la plaquette
> Dess[e]ins de Greuze exposition-dossier 17 septembre 2025 au 4 janvier 2026, musée Magnin
Authenticité
Rapport de condition
Traces de rousseurs et taches blanches au centre restaurations

18 Place des Vosges, Paris 4