LOT 224
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Robert Lapoujade (1921-1993) Délire III - Dualité, 1959
Huile sur toile signée et datée en bas à droite, titrée au dos
70 x 150 cm
« Son répertoire de formes est directement inspiré de la nature, et singulièrement des vieux murs barbouillés de taches, dont parle Vinci qu'il cite en exergue à son essai Les Mécanismes de fascination. Lapoujade est loin de renier le sujet. Mais il veut la forme d'une "ambiguïté allusive" ; soyez d'abord sensible au panneau peint lui-même, à son rythme, à sa couleur ; ensuite, lisez le titre du tableau et vous découvrirez une présence. » - Bernard Dorival, historien et critique d'art, conservateur au Centre Pompidou de 1941 à 1968.
Lapoujade ne se contente pas d'être innovant esthétiquement, sa peinture est politique : Hiroshima, la guerre d'Algérie, les émeutes, mai 68 sont des sujets centraux de son œuvre. Préfaçant son exposition à la galerie Pierre Domec en 1961, Jean-Paul Sartre écrit : « c'est un événement assez considérable, je crois, qu'un peintre ait su plaire si fort à nos yeux en nous montrant sans fard le deuil éclatant de nos consciences. »
Flouter la frontière entre abstraction et figuration tout en témoignant de phénomènes de société. Donner à voir sans imposer, inviter à patienter pour que le sujet se révèle, faire penser le spectateur. L'œuvre de Robert Lapoujade - en particulier ses foules, comme celle présentée - nous fait penser à celle d'un grand artiste français de notre époque : Philippe Cognée.
Provenance
> Collection privée, Bretagne
Rapport de condition
Encadrée


18 Place des Vosges, Paris 4