LOT 22
10 000 / 15 000 €
Vendu 19 111 €
(Commissions d'achat incluses)
André Masson (1896-1987) Un Viol, 1965
Huile sur toile signée en haut à gauche, titrée et datée au dos
33 x 41 cm
« Les "bonnes manières" devraient m'interdire de parler de mon œuvre érotique, considérée dans ces deux voies : radicales, voilées. Tant pis ! (J'ai été l'objet de trop de persécutions pour ne pas passer outre.) Je donnerai comme exemple d'alliage un tableau dont le titre ne tourne pas autour du pot, Le Viol. Par modestie (modestie un peu louche), je laisserai parler André Breton : "L'érotisme dans l'œuvre d'André Masson, doit être tenu pour la clé de voûte. C'est lui qui dispose de l'agencement convulsif des corps d'hommes et de femmes entraînant dans leur merveilleuse rixe jusqu'aux meubles qui n'étaient encore suspects que de garder leur empreinte." » (La Mémoire du monde, op. cit., p. 29.)
L’œuvre que nous vous présentons aujourd’hui peut être rapprochée de l’huile sur toile La Chute (Le Viol ou L'amour de la vitesse), mentionnée ci-dessus, toutes deux présentent en effet, le même sujet et les mêmes dimensions.
Peinte en 1939, La Chute (Le Viol ou L'amour de la vitesse) vendue chez Christie's Paris en 2014, témoigne d’une période agitée à la fois dans la vie personnelle de l'artiste et dans le monde qui l'entoure.
Dans la toile Un viol de 1965, le peintre de la violence du monde évoque par le biais d’une gestualité forte, une énergie brute et une force vitale. Il représente une mythologie hostile et monstrueuse, qui met presque mal à l'aise. A travers un érotisme dévoilé, où l'acte sexuel est présenté dans toute sa violence, André Masson s’inscrit dans la longue tradition des enlèvements et des poursuites érotiques.
Provenance
> Galerie Louise Leiris, Paris (étiquette au dos)
> Collection privée, acquis directement à la galerie
> Pierre Bergé et Associés vente du 3 mai 2022, lot 12
> Collection privée


18 Place des Vosges, Paris 4