LOT 103
300 / 500 €
François Schœnlaub (XXe) pour Guillemette L’Hoir 3 colliers, circa 1980
En galalithe, bakélite, caoutchouc laqués en polychromie signés au revers
Le plus long mesurant 36 cm
Les colliers signés Guillemette L’Hoir, conçus dans les années 1970 par François Schœnlaub, incarnent une rencontre audacieuse entre l’avant-garde esthétique du groupe Memphis et la réhabilitation d’un matériau oublié : la galalithe.
À travers ces pièces uniques ou produites en très petites séries, Schœnlaub propose une vision libre du bijou, où design, mémoire des formes et innovation matérielle s'entrelacent.
Fondé en 1981 par Ettore Sottsass, le groupe Memphis bouleverse les codes du design par ses compositions géométriques éclatantes et ses couleurs franches. La proximité esthétique avec les colliers de Guillemette L’Hoir est manifeste.
Ce langage plastique trouve chez François Schœnlaub un support idéal : la galalithe. Aussi appelée « bakélite française », cette matière plastique issue de la caséine (protéine contenue dans le lait) a connu son heure de gloire dans les années 1920-1930, notamment dans la fabrication de bijoux Art Déco, de boutons ou d’objets décoratifs. Elle représentait alors une modernité accessible, adaptable, colorée. Tombée en désuétude après la Seconde Guerre mondiale, elle est redécouverte par Schœnlaub, fasciné par ses qualités esthétiques et sa malléabilité. Il l’intègre à ses créations de manière novatrice, la travaillant aux côtés d’autres matériaux industriels comme le caoutchouc noir.
Ce geste de revalorisation n’est pas sans rappeler la démarche de René Lalique, maître verrier et joaillier visionnaire du tournant du XXe siècle. Lalique fut l’un des premiers à employer des matériaux jugés « non précieux » (verre moulé, émail…) pour leurs qualités plastiques. Comme lui, Schœnlaub détourne un matériau « modeste » de son usage courant. Tous deux partagent une même ambition : magnifier des matériaux "humblement modernes".


18 Place des Vosges, Paris 4