C'était hier

#VenteFauve185 • Signature

samedi 26 octobre 2019 à 10h30

Arts d’Asie et d’Orient • Arts décoratifs et mobilier • Arts ancien, moderne et contemporain

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lot 21 Maison des Beaux Arts de L’Indochine (École des Beaux-Arts de Hanoï) Paysage

Laque sur panneau de bois signé du monogramme MBIA dans un cartouche en bas à droite au dos

H. 125 cm L. 78 cm

Estimation 14 000 / 18 000 €

Vendu 78 740 €

(commissions d'achat incluses)

Provenance

> Collection de Monsieur L., avocat à Hanoï, Vietnam, dans les années 1930-1950
> Collection privée, Oise (par descendance)

Rapport de condition

Rapport de condition disponible sur demande

En 1921, Victor Tardieu (1870-1937), peintre français, récompensé par le Prix d’Indochine, pose ses valises à Hanoï, siège du gouverneur général de l’Indochine française. Si d’importantes commandes artistiques l’attendent sur place, c’est avant tout pour la culture régionale qu’il se passionne. Et pour cause, il se lie d’amitié avec Nam Son Nguyen (1890-1973), peintre annamite dont il admire le travail. Ensemble, ils fondent en 1925, l’École des Beaux Arts d’Indochine - ou Maison des Beaux Arts d’Indochine. Dans un rapport sur l’enseignement des beaux-arts en Indochine et sur la création d’une École centrale de dessin à Hanoï, ils énoncent leur objectif : allier une tradition artistique locale entre autres héritée de la colonisation chinoise et une quête de modernité, issue de l’Occident. En ce sens, l’École porte une synthèse édifiante menant à la création d’un style artistique propre.

Notre œuvre, signée M.B.I.A est ici utilisée pour dépeindre la vie en Indochine sous le régime colonial. C’est donc aussi l’occasion pour ces peintres vietnamiens de réfléchir à leur identité artistique dans le cadre de l’occupation coloniale. Soutenus par des artistes occidentaux, et à l’aide d’un enseignement pluridisciplinaire, ils tendent, pour la toute première fois, à la reconnaissance de leur statut d’artiste par les autorités françaises. Conscients d’appartenir à une vague artistique nouvelle, ils se font également, au beau milieu des années 1930, les témoins d’une conscience nationale vietnamienne émergente.

Pour le reste, la pratique de la laque, illustre technique de l’artisanat chinois, n’est pas anodine. Elle demeure même un cas tout à fait spécifique, dans la mesure où l’École voit la nécessité de développer un département autonome dédié au travail de la laque. Plusieurs artistes tels Nguyen Gia Tri (Gia Tri Nguyen) (1908-1993) et Pham Hau (1903-1995) vont grâce à cette formation, briller par leur maîtrise de cette technique ; ce qui participe inévitablement à la légitimation de la peinture sur laque comme un art majeur. La plupart des grandes figures de l’art vietnamien aujourd’hui consacrées tels Le Pho (1907-2001), Trung Thu Mai (1906-1980) ou même Alix Aymé (1894-1989) qui y exerça son art en tant que professeur, sont issus de La Maison des Beaux Arts de l’Indochine.

Acquis à Hanoï entre 1930 et 1950 par le grand-père de l’actuel propriétaire, installé au Vietnam en tant qu’avocat avant de rentrer en France au début de la guerre, et resté dans la famille depuis, notre grand panneau est à rapprocher d’un autre paysage de la Maison des Beaux Arts de l’Indochine vendu chez Sotheby’s Hong Kong le 1er octobre 2017 (Vente Sotheby’s Modern and Contemporary Southeast Asian Art, Day Sale, lot 300).

ADM & PM