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Entre sculpture et gravure

«Les formes couchées lui plaisent : il appelle cela des personnages ou même des jeunes filles étendues. Rien de plus ambigu, ou qui n’ait plus de sens sous un seul regard»
L’Œil, mai 1957

Né en Allemagne en 1910, Raoul Ubac obtient la nationalité belge après la guerre. En 1929, la lecture du Manifeste du Surréalisme d’André Breton le convainc de devenir artiste. ll quitte alors la Wallonie pour Paris, où il se lie aux Surréalistes et fréquente les ateliers de Montparnasse, devenant ami avec Jean Bazaine et Henri Goetz.

Fasciné par la pierre, Raoul Ubac en arrive assez naturellement à s’intéresser à la sculpture. Il choisit l’ardoise, une pierre mate – Ubac déteste ce qui brille ! – aux variations de teintes allant du gris rose au bleu noir, élément minéral domestiqué qui couvre les toits et luit sous la pluie. Raoul Ubac traite l’ardoise comme le graveur sa plaque de cuivre, utilisant un clou de charpente avant d’adopter des outils plus tranchant, plus lourds et plus profonds. L’artiste commence par des petits formats avant d’explorer toutes les possibilités de cet univers quasi mystique. À travers elles en effet, Ubac raconte des histoires liées à son intimité et à son monde mythologique, celui de la forêt des Ardennes. Les blocs de pierre, qui s’agrandissent au fil des ans, sont méticuleusement choisis dans les carrières des Ardennes auxquelles l’artiste est très attaché, de Trélazé ou encore de Bel-Air, dans les environs d’Angers.

En trente ans, Raoul Ubac participe à plus de 25 expositions et intègre les collections de nombreux musées (Laac de Dunkerque, Villeneuve d’Asq…). À la chapelle Saint-Bernard de la Fondation Maeght, son célèbre Chemin de croix en ardoise sculptée n’a guère à rougir de la proximité des œuvres de Braque, Léger, Giacometti ou Chagall !

Lot 127

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