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La force barbare

«Mes formes ne sont ni abstraites ni figuratives, elles se contentent d’exister avec une violence intolérable»
Atlan

Lorsqu’il quitte Alger pour rejoindre Paris en 1930, Jean-Michel Atlan ne se destine nullement à une carrière de peintre mais souhaite y faire des études de philosophie. La fréquentation des artistes mène pas à pas l’étudiant anticolonialiste et révolutionnaire vers la poésie dans un premier temps, puis vers la peinture. Après des années de guerre marquées par son activité dans la Résistance, Atlan doit attendre l’été 1944 avant de pouvoir s’investir pleinement dans la peinture.

En entrant dans son atelier de la rue de la Grande-Chaumière en 1953, Michel Ragon est stupéfait par l’atmosphère exotique de ce lieu unique qui « tient à la fois du campement berbère et de la boutique de la casbah ». Le critique raconte qu’Atlan, qui détruit presque toutes ses ébauches, exécute généralement une dizaine de toiles pour finalement n’en conserver qu’une seule. Cette impression de primitivité, à la fois spontanée et exubérante, n’est donc en rien le fruit du hasard et procède de recherches nombreuses.

En 1958, Atlan est un artiste reconnu qualifié du « plus visionnaire de tous les peintres abstraits » par l’historien de l’art Bernard Dorival. Plutôt que d’être assimilé à ses collègues de la Seconde École de Paris, le peintre voulait être classé à côté « des Noirs, des Assyriens et des Étrusques » et n’être, partant, relié qu’à la grande esthétique universelle.

Lots 122 et 123

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