À ne pas manquer

Une caricature Dantan

mercredi 03 avril 2019 00:00 Par Carine Sandon

Présent depuis l’Antiquité, l’art de la caricature, corollaire d’une presse grandissante et de plus en plus libre depuis la Charte de 1830, connaît un véritable essort au XIXe siècle. C’est cette même année que prend vie notamment le journal La Caricature. Se développant principalement par le biais des dessins, la caricature se voit représentée par des artistes comme Daumier, Gustave Doré, Grandville ou encore Marie Duval. Cependant, un jeune artiste dont nous présentons une œuvre à la vente, se lance dès 1926 dans les portraits-charges : Jean-Pierre Dantan.
Dantan dit “le Jeune” est né à Paris en 1800. Dans sa jeunesse, il fréquente les jeunes peintres de La Childebert à Saint-Germain-des-Prés puis intègre à 23 ans l’École des Beaux-Arts. Dès lors, il se lance rapidement dans la caricature. Il ouvre dès 1835 son atelier-galerie Passage des Panoramas. Très vite devenu lieu à la mode, cet atelier est surnommé le “musée Dantan”. Victor Hugo, Tailleyrand, Beethoven, Balzac, Liszt, Hamilton ou encore Louis-Philippe sont passés sous les mains du sculpteur dont quelques grandes collections nationales comme le musée Carnavalet en conservent certains exemplaires dont le fameux buste-charge de Vernet.
Parfois critiqué pour son absence de contenu politique et social dans ses bustes-charges, Dantan fait preuve d’une modernité certaine et l’attrait pour ses caricatures réside dans des techniques narratives nouvelles qui créent un véritable échange entre l’image et le texte de légende. Dans “Les Trois juges”, Dantan se moque des magistrats qui se cachent le visage face à la justice qui est mise en scène par les scénettes sous ces trois personnages. Ici, l’artiste nous explique le déroulé de la justice : la commission du crime, le jugement, l’acquittement. Mais ce qui fait des œuvres de Dantan un succès c’est l’utilisation de la technique du rébus. Que ce soit pour trouver l’identité du statufié caricaturé ou, comme sur notre bronze, pour trouver une maxime, le rébus lui permet de créer, de façon ludique, un véritable échange avec le spectateur.
Et vous, saurez-vous décrypter notre rébus ?