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Entre myrte et fleur de cannelle

vendredi 02 juin 2017 15:00 par Dimitri Joannidès

La vie et l’œuvre de Théo Tobiasse (1927-2012) sont à l’image de cette Europe du XXe siècle dont il a vécu les tourments et les drames. Juif lituanien né en Palestine, Tobiasse arrive à Paris en 1931. Il est adolescent lorsque sa famille subit de plein fouet les années de guerre et d’occupation. Tandis que certain·e·s de ses proches sont déporté·e·s, lui vit caché pendant deux ans. La Libération sonne comme une revanche sur le temps volé et les années perdues. Et comme pour conjurer ces six années d’obscurité, Tobiasse, qui ne rêve que de lumière et de soleil, s’installe dans le sud de la France.

Sa carrière décolle dès le début des années 1960. Tobiasse expose alors à Paris, Montréal, Tokyo, Londres, Los Angeles… Sa figuration revisitée emprunte à Rembrandt le mystère de la matière et de la couleur. Les années passant, l’artiste fait de la mémoire une thématique de plus en plus présente dans son œuvre. En 1984, il s’installe à New York pendant deux ans avant de revenir à Saint-Paul de Vence, où il reste jusqu’à la fin de sa vie.